40 % des denrées alimentaires mondiales sont gaspillées

Dans son dernier rapport « L’Europe dévore la planète », le WWF tire la sonnette d’alarme sur les déséquilibres du système alimentaire en Europe. Plusieurs points sont pointés du doigt, comme le gaspillage des denrées alimentaires, mais aussi la surconsommation de protéines animales et ses conséquences désastreuses sur l’environnement.

Par Anne-Flore • le 23 mai 2022

Le gaspillage alimentaire, un enjeu majeur pour l’avenir

Chaque année, 40 % de la nourriture produite dans le monde est tout simplement perdu. Un constat désastreux quand on sait qu’un nombre croissant de personnes font face à la faim dans le monde. L’OMS estime qu’en 2020, 9,9 % de la population était en situation de sous-alimentation contre 8,4 % en 2019.

D’après l'ONG WWF, 2,5 milliards de tonnes de denrées alimentaires sont gaspillées dans le monde chaque année. La moitié est en fait perdue dans les exploitations agricoles, particulièrement en Europe et aux États-Unis, avant même d’être commercialisée. La cause ? Des problèmes structurels et des obligations contractuelles qui poussent les agriculteurs à jeter une partie de leur récolte. Cependant, ces denrées alimentaires qui sont gaspillées ont demandé de nombreuses ressources avant d’être jetées comme de l’eau ou des engrais, parfois importés. Ce gaspillage représente 10 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre dans le monde. C’est donc 10 % qui n’ont servi à rien.

Les pays les plus riches d’Europe, d’Amérique du Nord ou d’Asie cumulent près de 58 % du gaspillage alimentaire alors qu’ils représentent seulement 37 % de la population mondiale. Un déséquilibre qui rappelle la grande responsabilité de ces pays dans le réchauffement climatique. En Europe, le gaspillage alimentaire équivaut à 173 kg de nourriture jetée par an par personne. Le WWF préconise dans son rapport un changement du système alimentaire européen, de la production à l’assiette du consommateur, afin de pouvoir faire face à la fois à la sous-alimentation et au changement climatique.

Modifier nos repas pour la planète

 

« 63 % des terres arables de l’UE sont aujourd’hui associées à la production animale », a déclaré le WWF France dans un communiqué. « Produire pour nourrir les animaux plutôt que les humains revient à gaspiller des terres et fragilise notre système alimentaire, comme le montrent les instabilités actuelles. »

Aujourd’hui, notre assiette a des conséquences désastreuses sur le monde. Les importations de l’UE sont responsables de la destruction de 3,5 millions d’hectares de forêts entre 2005 et 2017. Ces chiffres font de l’UE le deuxième importateur de produits liés à la déforestation tropicale derrière la chine.

Pour le WWF, il est temps de repenser notre assiette pour qu’elle prenne en compte les enjeux actuels. Avoir une alimentation plus durable, c’est possible, mais pour cela, il faut « enclencher la transformation de notre système alimentaire » dès maintenant. Le WWF insiste sur la végétalisation de l’alimentation en remplaçant certaines protéines animales par des protéines végétales qu’on trouve en quantité suffisante dans les légumineuses par exemple. Un argument d’autant plus valable quand on connait l’impact de la viande, en particulier celle provenant de l’élevage intensif, sur l’environnement et sur la santé.