
Gérant de pizzeria : que faire de vos D3E ?
En tant que gérant de pizzeria, il est de votre responsabilité de gérer les déchets dits D3E gé...
Par Pierre • le 16 juillet 2021 12:00
Ce qui n’était jusqu’ici qu’une recommandation est désormais une obligation : tous les restaurateurs sont, depuis le 1er juillet, tenus de mettre à disposition des clients qui le souhaitent des contenants réutilisables ou recyclables, pour qu’ils puissent emporter chez eux les plats ou boissons qui n’ont pas été finis sur place.
La loi Agriculture et Alimentation, ou « loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous », le prévoyait depuis fin 2018, et le recommandait fortement aux restaurateurs.
Mais la pratique du doggy bag, ou gourmet bag, si elle est très répandue dans les pays anglo-saxons, en Asie et au Moyen-Orient, peine à se faire une place en France. Les consommateurs français ont tendance à y voir une forme de radinerie, voire d’impolitesse, dans une culture où l’on apprend très tôt à finir son assiette en signe de respect pour celui ou celle qui l’a préparée.
La France s’est engagée dans la lutte contre le gaspillage alimentaire. La loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire fixe l’objectif suivant : « réduire le gaspillage alimentaire, d’ici 2025, de 50 % par rapport à son niveau de 2015 dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective et, d’ici 2030, de 50 % par rapport à son niveau de 2015 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale ».
Actuellement, selon les chiffres de l’Ademe, l’Agence de la transition écologique, 10 millions de tonnes de nourriture consommable sont jetées chaque année en France, ce qui représente une moyenne de 150 kg par an et par habitant.
Or, comme le rappelle l’Ademe, la lutte contre le gaspillage alimentaire répond à des enjeux à la fois environnementaux, économiques et sociaux. La nourriture perdue représente également des ressources naturelles gâchées, et « à l’échelle mondiale, le gaspillage alimentaire émet autant de gaz à effet de serre qu’un pays dont le niveau d’activité se situerait en 3e position juste après celui de la Chine et des USA ».
De plus, le gaspillage alimentaire a un coût pour les ménages, que l’Ademe estime à 159 euros par personne et par an, soit un montant compris entre 12 et 20 milliards d’euros par an, alors même qu’en France, 1 personne sur 10 a du mal à se nourrir. D’après le baromètre 2018 du Secours Populaire, ce chiffre serait encore plus important, avec 1 personne sur 5 rencontrant des difficultés pour manger 3 fois par jour.